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Le président de la BCE Mario Draghi, a déclaré qu'il serait prêt à mettre en place de nouvelles mesures afin de relancer l'inflation et rallier les fameux 2% d'objectif que la banque centrale s'est fixé, afin de contrer le spectre (si on peut encore parler de spectre) déflationniste de la zone euro.

Les différentes mesures envisageables...

Parmi les nombreuses mesures à caractère exceptionnelles possibles, il semble peu probable de voir un nouveau LTRO.

Une baisse des taux est par contre envisageable, afin de relancer le crédit en zone euro.

Mais il y a aussi la possibilité de mettre en place un vaste plan de Quantitative Easing à l´européenne afin de relancer la titrisation des créances des PME afin de relancer le crédit et d´injecter des liquidités.

Pour rappel, la titrisation des créances n'est rien d'autre que la transformation de créances (dettes), en titre afin de pouvoir ensuite les échanger sur les marchés financiers.

Exemple: Une entreprise A possède des créances clients (dettes sur des clients), mais souhaite transférer le risque que ses clients ne paient pas à quelqu'un d'autre.

Un investisseur B, qui quant à lui cherche du risque, va chercher à investir dans un actif plus ou moins risqué afin d'en tirer un rendement attractif.

Grâce à la titrisation de créances, l'entreprise A va pouvoir transférer son risque de crédit à l'investisseur B en transformant sa créance en titre négociable et échangeable sur les marchés.

Est-ce une bonne chose pour l'Europe que de lancer son propre plan de Quantitative Easing ?

Si l'on doit faire le bilan de ce qui s'est passé aux États-unis, je dirais que non.

Le Quantitative Easing ne s'est pas révélé suffisamment efficace pour réellement relancer l'économie. La situation aux États-unis reste fragile, malgré quelques signes de reprises.

En réalité, le Quantitative Easing aura contribué à une hausse spectaculaire des marchés actions et à la création de bulles.

Les gérants se retrouvant avec des quantités gigantesques de liquidités, doivent absolument trouver un moyen d'investir l'argent qu'ils recoivent.

Et comme nous le savons, aux États-unis, il y a une véritable culture des marchés financiers. Tout le monde ou presque possède des actions.

C'est donc naturellement que ces marchés se doivent de monter et ne peuvent échouer, sous peine de plomber l'économie US et par extension, l'économie mondiale.

Les gérants disposant de ces nouvelles liquidités se retrouvent donc à investir sur les indices et marchés actions, et c'est pourquoi pendant un Quantitative Easing, les indices et actions, montent.

Ce n'est donc pas par la création de nouvelles richesses ou avancées technologiques que les marchés montent, mais uniquement du fait de la spéculation.

Ce n'est pas par une réelle reprise de la consommation que les entreprises génèrent plus de profit, mais par le rachat de dettes par les investisseurs.

Qu'en penser... 

Un quantitative easing en Europe ferait baisser l'euro fort, ce qui profiterait aux pays tels que les PIGS (Portugal,Italie,Greece,Spain) dans leurs exportations, mais impacterait négativement la première économie européenne qu'est l'Allemagne.

Les marchés actions quant à eux, ne feraient que monter.

L'impact d'un Quantitative Easing sur l'économie réelle et l'ensemble des acteurs économiques reste néanmoins selon moi limité.

Il faut selon moi se rendre compte que ce n'est pas une solution miracle, et arrêter de l'utiliser avant que ce ne soit trop tard.

Il faut par ailleur comprendre les problématiques des Banques Centrales qui se doivent de proposer des solutions et trancher en faveur de l'une ou l'autre.

J'opterai d'abord pour une baisse des taux en Juin, et une utilisation du Quantitative Easing uniquement en cas de dernier recours.

 

J'espère que cet article vous aura plu, et reste à votre disposition pour échanger autour de ce sujet.

Bonne semaine à tous !

Sylvain.

Contact : sylvain.loganadin@gmail.com

Twitter : @Sylvain_Fx

LinkedIn : Sylvain Loganadin

Analyse: Quantitative Easing en Europe, quelles conséquences ?
Tag(s) : #Analyse

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